Magali Sire

Magali Sire 2021
Magali Sire dans son atelier à Béziers

En résidence à la Maison Relin en 2021

Animée depuis toujours par la création sous toutes ses formes, j’aime dessiner ce qui n’existe pas, en tordant des réalités, qu’elles soient historiques, anatomiques ou même dimensionnelles.
L’insolite est le principal ingrédient de mon langage, et je l’obtiens en incorporant un anachronisme, un contresens, voire un détail absurde.
Je m’efforce de matérialiser mes idées en donnant au fond autant d’importance qu’à la forme, et en distillant au passage du décalage et de l’ironie.
Pour aboutir au résultat que j’ai en tête, j’ai improvisé une technique tout à fait personnelle avec l’aquarelle… que j’aurais, du reste, bien du mal à décrire.
D’ailleurs, nombreux visiteurs croisant mes œuvres semblent sceptiques lorsque je leur affirme n’employer que de l’aquarelle.
Mes centres d’intérêt déterminent souvent mes sujets. Ainsi, on retrouve dans mes réalisations beaucoup de références à l’histoire de l’art avec des hommages plus ou moins appuyés aux grands maîtres de la peinture, mais aussi à la grande Histoire dont les protagonistes ne cessent de m’inspirer.
Dans mon travail avec l’aquarelle, le support est primordial pour le rendu que je recherche.
J’utilise exclusivement du vieux papier, parfois manuscrit, datant des XVIIème, XVIIIème et XIXème siècles.
Mes peintures paraissent vieillies via ce matériel jauni. Les couleurs sont ternies et l’ambiance de mes tableaux correspond à cet aspect désuet et intemporel que je recherche.
De même, j’utilise la plupart du temps des cadres anciens pour mes encadrements.

L’œil, dont je ne cesse d’explorer l’aspect, n’est pas simplement l’un de mes thèmes favoris, il représente surtout l’outil fondamental de mon travail.
Non seulement, il est passionnant d’étudier sa physionomie, à la fois figurative et tellement abstraite, mais sa dimension symbolique donne un sens subtil voire allégorique à mes compositions.
J’ai souvent l’impression de représenter une partie de moi-même lorsque je dessine un œil dans un tableau. Un avatar en quelque sorte.
Vous regardez l’œuvre, qui vous observe en retour.