Exposition de Benjamin Carbonne

Du 12 juin au 4 juillet, Benjamin Carbonne a exposé à Maison Relin. Peintre autodidacte installé à Montpellier, il travaille depuis plus de vingt ans autour d’un sujet unique : le corps humain, en noir et blanc, sans concession à l’apparence.

Le vernissage a été marqué par une performance. Devant le public, Benjamin Carbonne a peint une toile en direct, donnant à voir le processus même qui fonde son travail : une peinture construite dans l’instant, sans photo ni modèle, à partir de la mémoire du geste.

Cette manière de peindre trouve son origine dans une longue fréquentation de l’anatomie. Pendant près de dix ans, l’artiste s’est rendu chaque matin au Musée d’anatomie de Montpellier, complétée par des séjours d’étude à Rome et à Florence. Ce travail de recherche, entamé après la commande de deux œuvres monumentales pour l’église Sainte Eustache à Paris en 2002, a nourri une pratique où la connaissance du corps sert désormais la « sensation » plus que la représentation.

En 2025, une invitation du Musée des Beaux Arts de Lviv, en Ukraine, a été l’occasion d’un retour sur cette démarche. Vingt ans après ses premières recherches anatomiques, Benjamin Carbonne s’est demandé ce qu’il faisait de ce savoir accumulé. Les toiles présentées aux Écluses de l’Art portent la trace de cette interrogation : des corps défaits de tout artifice, traités par masses et par gestes plutôt que par contours.

L’œuvre de Benjamin Carbonne se situe dans la filiation des peintres de l’ombre et de la lumière, de Goya à Vélasquez, et dans celle, plus contemporaine, de Francis Bacon pour la distorsion des formes. Elle a été montrée à Paris, à Arles, à Nîmes, ainsi qu’à San Francisco, Beyrouth et New York.

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